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Rock One n°43

Rock One n°43
(sorti le 07/05/08)

Aincourt métrage


Avant d'entamer une série de concerts aux Etats-Units, Candice nous conte les soubresauts d'un tournage mouvementé à l'intérieur d'un hospice abandonné à Aincourt. Un lieu idéal pour mettre en Images "Bulimiarexia", issu de "Tératologie".

Pourquoi avoir choisi "Bulimiarexia" comme
premier clip pour illustrer "Tératologie" ?
Candice (chant) :
En réalité, c'est le réalisa-
teur Lionel Ferrera qui a choisi le titre. Je
pense que c'est mieux ainsi. Je préfère qu'il
soit inspiré par un morceau et qu'il développe
ses idées par rapport à ce qu'il ressent.
Après le clip de "Crucifère" qu'il a réalisé
pour nous, on ne voyait pas d'autre personne
pour faire "Bulimiarexia". On lui fait entière-
ment confiance et Lio, comme on l'appelle, a
très vite capté notre univers. On bosse dans
la même direction car il a le même souci de
l'image que nous. Il crée un parallèle entre
notre musique, nos visuels et sa réalisation,
tout est lié. On est très chanceux d'avoir pu
retravailler avec Lio, merci encor à lui !

Une ancienne morgue...

Décris-nous l'endroit où a été tournée la video ?
C. :
Nous avons tourné dans un hôpital désaf-
fecté vers Aincourt un tou petit village, en
plein milieu d'une forêt dans laquelle se trouve
ce lieu complètement abandonné. Un endroit
assez noir avec une ancienne morgue et des
chambres avec encore leurs lits et leurs draps.
A l'intérieur, le bâtiment ressemblait à un
champ de bataille. A croire qu'une explosion
l'avait dévasté.

Comment s'est déroulé le tournage ?
C. : On a débuté assez tôt le matin
avec le froid comme pire ennemi.
On était en tenue légère pour tour-
ner et, à chaque pause, on remet-
tait vestes et écharpes.
Idem pour
ma styliste Stéphanie Cappellini (qui joue
également dans ce clip, juste vêtue d'une
jolie robe blanche d'été, Ndr), qui s'est mon-
trée très courageuse et très coopératrice.
Peu aurait accepté de jouer le jeu. Plus tard,
dans l'après-midi, pendant que je tournais
une scène toute seule, les autres membres
du groupe ont dû transporter tout notre
matériel sur les toits de l'hôpital qui compor-
tait quatre étages parmi les gravas et des
escaliers cassés. Problème, ils se sont tous
trompés de toit et ils ont dû remonter tout
le matos au bon endroit en passant par des
fenêtres et des trappes comlètement

inadaptées voila pourquoi la scène de
groupe a été nocturne et sous la pluie,
après des heures d'efforts.

Quand on décide de mettre en images une
chanson, essaie-t-on d'éviter de trop coller
au texte ? De trop dévoiler le mystère des
mots et des sons ?
C. :
Il est impossible de mettre une image sur
chaque mot. Le terme abordé par la chanson
reste ce qu'il y a de plus simple à dégager et à
réaliser. "Bulimiarexia" est assez explicite, elle
dévoile les peunes de certaines pathologies
l'anorexie et la boulimie. Il n'a donc pas été
compliqué de suivre la trame du morceau.

La voix du côté sombre...

As-tu alors dévoilé qui était "l'outre mangeur" ?
C. :
Il peut être personnifié en effet et dans le
clip aussi mais en réalité l'"outre mangeur" est
le monstre que se trouve en chacun de nous,
celui qui nous pousse à prendre les mauvaises
décisions, il est la voix du côte sombre.

Dans le clip, on croit te voir dnas une tenue
blanche à l'inverse de celles que te portes sur
scène. Cela a-t-il un sens particulier ?
C. :
Si c'était vraiment moi j'aùrai perdu quinze
kilos pour le tournage (rires) ! Non, c'est
Stéphanie Cappellini qui incarne le personnage
principal du clip, c'est elle qui a dû entendre le
plus de : "On la garde, elle est bonne". Elle a
conservé la même robe que pour la pochette,
on voulait qu'il y ait cette liaison entre l'album
et le clip.

Te rends-tu compte parfois de la violence
du texte au moment de mettre des images
dessus ?
C. :
Je sais pertinemment que mes textes sont
ambigus. Parfois, comme tu le dis, assez vio-
lants. Et si, pour moi, certaines images peuvent
passer, pour d'autres, ça peut paraître insoute-
nable. Il faut avoir le recul de se mettre à la
place du spectateur mais, de toute évidance, on
n'a jamais eu la perversion de coller une image
violente sur un mot qui l'est aussi, on préfère
faire le contraire. C'est bien plus intéressant et
interpellant. Comme cette histoire de pochette
avec les lapins dépecés, pour nous tout a un

sens. C'est la recherche du beau, l'art de la
photo. Je comprends que nos visuels
puissent choquer mais il y a beau-
coup plus horrifiant dans ce monde.
J'aurais une tonne d'exemples qui
feraient passer ces deux lapins pour
des oursons en peluches.


La beauté d'un instant

En général, quelle limite te donne-tu pour les
textes et les images qui peuvent en découler ?
C. :
On essaie toujours de coller à mon envie
du moment. Mes textes n'ont pas de
limites. J'invente, je cherche, je
colle, j'imagine que je n'ai pas de
barrière. Tout comme notre manière
de composer, on eest très libre, on
explore.
Quant aux images, on recherche
plus la beauté d'un instant, que ce soit sale ou
sain dès qu'il se dégage une ambiance, dès
que l'oeil est attiré, que le cérébral prend le
relai, c'est captivant. Tomber dans le ridicule ou
dans la surrenchère pour choquer ne nous cor-
respond pas.

Quel recul as-tu de "Tératologie" depuis sa sortie ?
C. :
Tu as toutjours des regrets et des "si
j'avais fait comme ça"
. C'est très sain, ça prou-
ve que tu te remets en question et que tu as
encore des choses à prouver. La perfection
n'existe pas et, pour ma part, mon seul regret
est peut-être d'avoir fait des morceaux que
nous ne pouvons pas encore jouer en live au vu
de leur complexité côté arrangements. J'aime
beaucoup jouer nos nouveaux titres, ils appor-
tent un univers différent à nos concerts, ils
sont beaucoup plus pesants parfois il se déga-
ge des moments électriques et frissonnants
avec le public.

Quels sont les projets pour Eths ?
C. :
Nous partons pour l'étranget d'ici le mois
d'avril (le groupe sera notamment le 31 mai à
l'Electric Festival de Madrid, au côté de
Metallica, R.A.T.M et bien d'autres, Ndr), chan-
ger d'air et rencontrer d'autres personnalités,
voilà qui très exitant pour nous.

# Posté le dimanche 27 avril 2008 09:04

Modifié le dimanche 03 août 2008 10:16

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